Bandeau haut
Logo Encritude
Les nobels de Points Publicité
 

Nos services | Inscription

Recherche

Le chant du danseur

Le chant du danseur, de Gilles-Marie Chenot

Les souffles qui ont chanté la gwerz de Taliesin, les mains qui ont peint les tableaux de Picasso, les cordes vocales qui ont parlé le langage de Joyce, les pieds qui ont dansé le samâ' de Rumi, les oreilles qui ont composé la musique de Mozart, le vent qui a porté les semelles de Rimbaud, tous ceux-là reconnaîtront dans ces textes les braises du creuset dans lequel f… Consulter la fiche

La voix de la poétesse dans Les pleurs de Marcelline Desbordes-Valmore, de Alexandre Roulois

– 1 –

Le titre indique le ton général des poésies mises sous une structure progressive développant le thème du pathos, la souffrance authentique d'un « je » qui ne se soumet pas, a priori, à l'épreuve de vérité. L'on ne ressent non pas la cause d'une douleur métaphysique comme le supposerait le premier poème, Révélation, mais la persistance d'une mélancolie face à l'adversité.

L'établissement d'une recomposition caricaturale de l'Eden où Dieu apparaît sous une « image ardente à me suivre toujours » sert la vision d'un jardin protecteur/persécuteur. Cette duplicité antithétique de Dieu inspire le souvenir de la mère, qui incarna pour sa part pleinement le paradoxe, en fuyant ces « champs que (s)on père habitait » pour gagner un destin funeste. Fatal ! dirons-nous en considérant le renoncement de la poétesse qui ne fait alors que se plier à la perception de la religion que véhicule la classe féminine de l'époque. Dans ce contexte où l'individualité semble s'effacer au profit d'un groupe social qui se cherche, où la voix d'une femme disparaît, insignifiante, dans l'ombre d'une parole commune elle-même rangée derrière l'autorité du Code Civil, dans ce monde où le rôle de la femme est désacralisé, comment Marcelline Desbordes-Valmore est-elle parvenue à se faire entendre ?

Plus que Les pleurs à proprement parler, la poésie se ferait l'interface du sentiment religieux :

Parle-moi doucement ! sans voix, parle à mon âme ;

Au-delà de sa signification première, qui intimerait à ce dieu proche de celui d'Abraham de ne pas approfondir sa tristesse par l'appel du souvenir et par-là même indiquant la résignation de Marcelline face au malheur, ce vers rend compte d'une tentative désespérée de communication avec la divinité. Désespérée, car s'effectuant sans le secours de la langue, mais par un langage supérieur : l'art. Les pleurs ne devraient donc pas s'interpréter comme l'exaltation de la souffrance de la poétesse, cette pointe de werthérisme qui affligea tout le XIXe siècle européen, mais telle la perspective d'un avenir plus favorable, comme si tout malheur supposait la promesse d'un bonheur proportionnel. N'est-ce pas en ce sens qu'il faudrait comprendre le système d'énonciation « je : tu » dont le co-énonciateur use pour changer d'identité sans jamais vraiment perdre sa personnalité ? Car ce « tu », si formellement indispensable pour l'instauration d'un dialogue, renvoie immanquablement à la figure du père dont Marcelline est à la recherche.

1   2   3  

Nombre de pages : 3
la_voix_de_la_poetesse_dans_les_pleurs_de_marcelline_desbordes_valmore.pdf

Commentaires

Ajouter un commentaire

Pourquoi écrire un commentaire ?

A quoi sert le code de vérification ?

Recopiez le code suivant : loki

Encritude.fr se réserve le droit de supprimer tout commentaire sans avertissement préalable. Les messages présentant une orthographe fortement déficiente, ou rédigés dans un style télégraphique de type SMS, seront immédiatement supprimés.

 

Mentions légales | Conditions d'utilisation | Inscription | Qui sommes-nous ? | Nous contacter
© Encritude.fr, 2006-2008.
Mise à jour de la page : Jeudi 04 Décembre 2008