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Le chant du danseur

Le chant du danseur, de Gilles-Marie Chenot

Les souffles qui ont chanté la gwerz de Taliesin, les mains qui ont peint les tableaux de Picasso, les cordes vocales qui ont parlé le langage de Joyce, les pieds qui ont dansé le samâ' de Rumi, les oreilles qui ont composé la musique de Mozart, le vent qui a porté les semelles de Rimbaud, tous ceux-là reconnaîtront dans ces textes les braises du creuset dans lequel f… Consulter la fiche

Les figures féminines dans l'oeuvre de Flaubert, de Alexandre Roulois

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Résolument focalisées sur des personnages féminins centraux, qui prêtent même parfois leur nom à des romans ou contes ­– à l'exemple de Madame Bovary, Salammbô ou encore Hérodias, les œuvres de Flaubert deviennent l'expression d'une voix féminine. Mieux encore, Madame Bovary, dont le titre s'attarde sur la dépendance de la femme envers son mari (par l'absence de prénom et, au contraire, la présence du patronyme marital), témoigne de la condition de la femme au XIXè siècle. Rodolphe lui-même s'exclamera au Chapitre IX de la Deuxième Partie : « Madame Bovary !… Eh ! Tout le monde vous appelle comme cela !… Ce n'est pas votre nom, d'ailleurs ; c'est le nom d'un autre ! »1Gustave Flaubert. – Madame Bovary. – Paris : Garnier Flammarion, 1986. – 539 p.
Vous trouverez la référence à la page 222.
Privées d'une existence individuelle, les femmes de Flaubert ne gagneraient-elles pas un quelconque salut dans leur traitement plastique ? Au-delà de la dimension sociale, Flaubert traite aussi et surtout de psychologie. Soumises, accablées et torturées par un cœur lui-même dépendant de son époque, ces actrices ne posent-elles pas la question de la survie dans un monde en mutation ? Une réflexion d'autant plus essentielle que ce monde est aussi celui de leur créateur qui ira jusqu'à s'écrier d'une voix plurielle : « Madame Bovary, c'est moi ! »

L'obsession du réalisme

Dans son article daté du 15 mars 1857 et paru dans sa revue intitulée Réalisme, Duranty disait de Madame Bovary : « Chaque rue, chaque maison, chaque chambre, chaque ruisseau, chaque brin d'herbe est décrit en entier […]. Il n'y a ni émotion, ni sentiment, ni vie dans ce volume. » De la part d'un écrivain qui se revendique du réalisme, la critique sonne comme une dénonciation. Duranty juge ici l'excès, à l'instar de Sainte-Beuve pour Salammbô, une dérive qui annonce doucement le naturalisme.

Considérations physiques

Dès le second chapitre de Madame Bovary, le corps d'Emma se voit attribuer un traitement complet avec « ses lèvres charnues, qu'elle avait l'habitude de mordillonner »2Ibid., page 75., ses cheveux « lisses, […] séparés sur le milieu de la tête par une raie fine »3Ibid., page 75. ou encore ses yeux « quoiqu'ils fussent bruns, […] semblaient noirs à cause des cils »4Ibid., page 74.. Même ses ongles se voient offrir une comparaison pleine de fatuité, puisqu'ils paraissent « plus nettoyés que les ivoires de Dieppe »5Ibid., page 74.. Déjà s'affirme une nette tendance à caractériser la prosopographie d'un aspect pour le moins négatif, grâce notamment à ce genre de comparaisons mais aussi à des verbes de doute (semblaient) et à des verbes ridiculisant la situation (mordillonner). Et Madame Arnoux, dans L'éducation sentimentale, n'a rien à lui envier : « Une personne d'un âge mûr, le teint couleur de réglisse, la taille épaisse, des yeux grands comme des soupiraux de caves, et vides comme eux », tel est le portrait que dresse d'elle une Rosanette Bron quelque peu partiale en raison de son inclination envers Frédéric. A contrario, ce dernier fait d'elle un portrait avantageux : « Il n'aurait voulu rien ajouter, rien retrancher à sa personne. L'univers venait tout à coup s'élargir. Elle était le point lumineux où l'ensemble des choses convergeait… »6Cité selon J.-C. Valtat. – Premières leçons sur L'éducation sentimentale, un roman d'apprentissage. – Paris : P.U.F., 1997. – 116 p.
Vous trouverez la citation à la page 66.
Toutefois, ne percevons-nous pas une fois de plus une propension à l'exagération ? D'autant plus que tant de lumière finit par aveugler Frédéric qui, pour l'approcher, « fléchit des épaules » ou encore « s'éloigne pour la regarder ».

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Commentaires

Anonyme, le Lundi 07 Août 2006 à 14:53:08

ces pages ont sucité quelques axes de réflexion , en effet j'aimerais faire mon mémoire sur flaubert, merci!!


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Mise à jour de la page : Jeudi 04 Décembre 2008