Un homme, de Philip Roth
Un homme. Un homme parmi d'autres. Le destin du personnage de Philip Roth est retracé depuis sa première et terrible confrontation avec la mort sur les plages idylliques de son enfance jusque dans son vieil âge, quand le déchire la vision de la déchéance de ses contemporains et que ses propres maux physiques l'accablent. Entre-temps, publicitaire à succès dans une age… Consulter la fiche
Le rêve de Martin, de Françoise Henry
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Catégorie : Etats-Unis
Éditeur : Belfond
Date de publication : Jeudi 13 Avril 2006
ISBN : 2-7144-4025-8
Présentation : Broché - 350 pages - 397 g - 14 cm x 23 cm
Commentaire : Après l'immense succès des Heures, un roman envoûtant. Grâce de l'écriture, finesse de l'analyse et incroyable maîtrise narrative, Michael Cunningham nous revient avec une oeuvre subtile, dense et intensément poétique. Trois époques. Trois histoires qui se répondent en miroir. Un lieu : Manhattan. A l'instar de Virginia Woolf, muse des Heures, la (re)découverte du plus grand et du plus emblématique poète américain : Walt Whitman. Trois histoires reliées par une série d'indices : la poésie de Walt Whitman mais aussi les prénoms des héros, un bol aux reflets étonnants qui passe de personnage en personnage à travers les époques, le sort des enfants, les lieux... Trois époques pour trois visions de la société américaine qui se répondent : au début du XXème siècle, chronique d'un progrès industriel synonyme de déshumanisation ; de nos jours, récit quasi-prophétique de l'angoisse constante liée au terrorisme et dans le futur, vision d'une société rongée par les dégâts écologiques et la dérive sécuritaire. Avec en filigrane la question de notre pérennité.
D'abord, ce qu'on retient, ce sont les vers d'un certain poète américain du 19ème siècle, Walt Whitman, disséminés un peu partout dans le roman : « Qu'est-ce que l'herbe ? dit l'enfant, m'en offrant de pleines poignées. Comment pourrais-je répondre à l'enfant ? Je ne le sais guère plus que lui. » Il est à la fois source d'inspiration et de discorde, le créateur bienveillant et l'inquiétant bonhomme qui veille sur ses personnages avant de les détruire : « Poussée qui s'empare de moi comme je m'empare d'elle ! Nous nous faisons mal comme se font mal le marié et la mariée. »
Mais reprenons les faits.
Michael Cunningham nous offre trois histoires new-yorkaises, à trois époques distantes d'un siècle chacune.
D'abord, il y a un petit garçon, Lucas. Moitié du 19ème siècle. Son grand frère Simon vient de mourir, pour survivre il doit arrêter l'école et aller à l'usine, travailler avec les machines, les mêmes qui ont tué son frère. Il essaie de s'occuper de sa belle-sœur, la presque femme de Simon, Catherine. Pour la rendre heureuse, il lui offre un bol de porcelaine. Pour exister, il lit la nuit l'œuvre de Walt Whitman, Leaves of Grass, et dans la journée récite des vers du poète ; un peu incongru dans une usine.
Peu après septembre 2001. Une femme entre deux âges est psychologue dans la police et répond aux appels téléphoniques d'enfants transformés en gentils terroristes (gentils parce qu'ils prônent l'amour, la beauté et l'harmonie), qui, plutôt que de passer leurs après-midi devant la télévision, préfèrent concocter des bombes et mourir avec des passants. Elle est noire et elle s'appelle Cat. Elle a un petit ami blanc et riche, Simon, il ne la comprend pas très bien alors, après lui avoir offert un bol de porcelaine, elle préfère se réfugier dans un monde merveilleux avec l'un des enfants terroristes, Luke, l'étrange Luke malformé qui récite des vers de Walt Whitman comme s'il s'agissait du dernier mantra à la mode.
Cent ans après. Un humanoïde, Simon, s'enfuit d'un monde devenu oppressant, avec une jolie extra-terrestre, Catareen. Il cherche la beauté, elle cherche un endroit pour mourir. Ils rencontrent un enfant humain, Luke, un être étrange et malformé qui leur permettra, à lui, de trouver la beauté, à elle, de trouver l'endroit où dormir. Bien sûr, Simon connaît par cœur les vers de Walt Whitman et émaille son discours robotique de poésie. Bien sûr, en chemin, Luke achète un bol de porcelaine qu'il emmènera dans le nouveau monde auquel il aspire.
Les personnages se répètent, se prolongent et se confondent, de même que les objets se correspondent et les situations se ressemblent et se complètent. On a à peine le temps de s'attacher à un des personnages que l'histoire prend fin pour recommencer de façon différente et étrange, alors c'est un peu difficile au début de se replonger dans quelque chose d'autre – mais de semblable au fond – et quand on s'y est habitués, une autre histoire prend la relève. C'est là le roman de la vie, jamais de fin, jamais de rassasiement, tout est cyclique, on ne voit jamais le début et quand on s'attend à découvrir la fin, elle n'est jamais tout à fait là.
Et même quand la dernière page est tournée, on se souvient des vers leitmotivs de Walt Whitman : «Tout va et revient, rien ne s'effondre.
Et mourir est différent de ce que l'on croit, c'est un sort plus heureux. »
Et on sait que ce n'est que le début de quelque chose d'autre.
Ann Gsell, le 26/07/2006 à 15h10 – 3533 signes.
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Mise à jour de la page : Jeudi 04 Décembre 2008