Le chant du danseur, de Gilles-Marie Chenot
Les souffles qui ont chanté la gwerz de Taliesin, les mains qui ont peint les tableaux de Picasso, les cordes vocales qui ont parlé le langage de Joyce, les pieds qui ont dansé le samâ' de Rumi, les oreilles qui ont composé la musique de Mozart, le vent qui a porté les semelles de Rimbaud, tous ceux-là reconnaîtront dans ces textes les braises du creuset dans lequel f… Consulter la fiche
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Le terrorisme poétique ne reconnaît aucune autorité, il viole allègrement les frontières, dynamite les sociétés, éradique les droits coutumiers et les conventions de l'embourgeoisement. Dans son paquetage, le poète-terroriste, généralement manipulé par une femme experte dans le maniement d'explosifs hallucinogènes, détient les clefs des violations de domicile. Sans-papier, il vit clandestin sous une identité d'emprunt, ne se conformant aux usages de rigueur que pour mieux développer ses arômes de sédition. Il est la cinquième colonne de l'amour et ses attentats à la pudeur ne sont que manifestation d'une sexualité outrancière, plutôt éloignée des zoophilies ordinaires du commun. Des torrents de cyprine aérodynamique hantent les couloirs béants de ses stances, parsemant de luxure les allées parcourues par les anachorètes amoureux de la poussière, les muqueuses endolories des castes économiques et idéologiques haïssent ses complaintes endurcies à l'éther minéral, sortes de velours soyeux qui favorisent l'épanouissement des oreilles insouciantes. Aucune secte scientifique ne sait stopper cette parole aux yeux clairs, semence de révolution immobile, qui détruit les mondes sans qu'une larme ne soit tarie dès avant même sa naissance. Parjurant les morales confites, massacrant sans remords les politesses urbaines, la sauvagerie du terrorisme poétique n'a d'égale que la saveur ardente et sensuelle de son amour du feu.
Muddy Waters écrit ses mémoires, comme tout un chacun, à l'eau de seltz et au vinaigre fin, le blues n'a pas besoin de héraut, il se comporte seul comme une marée de champagne dans un siphon dérisoire. Pas de vrai joueur de poker quand toutes les cartes sont couvertes par un dédale arbitraire comme un palace de Las Vegas. Al Pacino en Scarface, De Niro au casino, toutes les règles sont faites pour être bafouées, pas une ne vaut plus qu'un quart de litre d'emmental, tranché de préférence, merci. Il y a plusieurs types de joueurs, la majorité s'accroche à des embryons de girouette appelés, par convention uniquement, valeurs, ce qui vaut le plaisir d'entendre de merveilleuses chansons de rédemption, dues au sevrage tardif ou à un réveil mal luné. Néanmoins, il existe une caste, quel vilain mot n'est-ce pas, tout à fait d'accord, de joueurs à gros budget dont les mises dépassent de loin les misères que laissent sur le tapis vert la majorité des arnaqueurs. Pour ces escrocs, le stud-poker n'a plus de secret, ils ont les yeux, non, pas revolver, trop facile, mais plutôt stéréoscopiques, visions infra-green à giratoires incorporés, déstructuration des molécules et ingestion du dessous des cartes, fussent-elles plombées. Rien à gagner, ils ont déjà raflé toutes les mises, mais les parties sont plaisantes et permettent à certains d'établir la biographie de la liberté avec arbre généalogique inclus. Faut-il être joueur tout de même pour sollerciter ce genre de truc! A la bonne vôtre, ladies & gentleman !
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Mise à jour de la page : Jeudi 04 Décembre 2008